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PAROLE D'EXPERT : Anne Dux répond à 5 questions sur la protection solaire

Anne DUX, Directrice des affaires scientifiques et règlementaires de la FEBEA, nous apporte des réponses sur la protection solaire : capital soleil, phototype, UV en cabine...

Qu’est-ce que  le capital soleil et comment ne pas l’abîmer ?

Le « capital soleil » représente la quantité de rayons ultraviolets que la peau peut absorber dans une vie. Chaque personne dispose ainsi à la naissance d'un capital soleil qui diminue tout au long de la vie du fait des expositions au soleil. Le bronzage est le mécanisme de défense, une réaction d'adaptation de la peau au soleil.

Ce capital soleil correspond à la réparation de l’ADN des cellules cutanées. Il varie d’un individu à l’autre, en fonction de son type de peau, claire ou mate, de la manière dont chacun s’est exposé, et aussi d’antécédents, comme par exemple : des coups de soleil pris dans l’enfance ou des facteurs familiaux.

Au-delà de cette limite d’exposition, différente selon les individus, le capital soleil est épuisé. Dès lors, le système de réparation est débordé.

Le capital soleil ne peut pas être quantifié de manière exacte. On peut seulement le préserver en prenant des précautions indispensables, notamment lorsque l’on a la peau claire. Un mot d’ordre : ne pas exposer les enfants de moins de 3 ans. Après, il est conseillé de s’exposer modérément, de se protéger systématiquement et d’éviter les heures les plus chaudes entre 12 et 16h.

 

Est-ce qu’il y a plus de cancers de la peau qu’avant et pourquoi ?

Oui, il y a une augmentation frappante des cancers cutanés. Depuis 1983, ils ont été multipliés par 2,5. Les cancers de la peau sont parmi les plus fréquents. Plus de  de 90.000 nouveaux cas sont diagnostiqués en France chaque année, dont plus de 11.000  nouveaux cas de mélanomes.

Les cancers cutanés sont, en majeure partie, dus à l’exposition solaire sans protection adaptée. Il y en a de deux types : les carcinomes, plus bénins si on les décèle tôt et plus facilement guérissables, et les mélanomes, cancers de la peau qui se développent à partir de cellules appelées « mélanocytes », souvent détectés trop tardivement et pour lesquels les traitements sont lourds et complexes, avec également des décès.

On se souvient, il y a plus de 30 ans, de journées sur la plage sans protection solaire, ou bien avec de la graisse à traire ! Puis heureusement, il y a eu une montée progressive de l’information et des comportements plus responsables.

Néanmoins, on constate aujourd’hui encore des négligences, comme celle d’exposer un jeune enfant au soleil. Les idées reçues ont la vie dure. Non, un coup de soleil ne permet pas de mieux bronzer ! C’est une brûlure qui abîme la peau. Citons aussi le cas des adolescents, qui voient que le soleil sèche l’acné et se protègent peu. Et certaines personnes considèrent qu’elles n’ont pas besoin de protection solaire parce qu’elles ont la peau mate, ou ne l’appliquent pas assez fréquemment. Or, il est indispensable d’appliquer une protection avant l’exposition, de la renouveler toutes les deux heures et après chaque baignade. La santé en dépend, et cela vaut pour tous !

 

 Qu’est-ce qu’un phototype ? Combien y en a t il ?

Le phototype reflète la couleur de la peau et sa capacité à bronzer facilement ou non. Chaque individu a un phototype spécifique.

Il existe une classification selon plusieurs critères : la teinte de la peau, la couleur des cheveux, la fréquence des coups de soleil, le type de bronzage.

Phototype 0 : ce sont des personnes dites albinos, elles ne synthétisent pas la mélanine en raison d’un déficit génétique. Chevelure blanche ou blonde, yeux peu colorés, peau très blanche, la moindre exposition solaire entraîne un coup de soleil. Ces personnes ne bronzent pas.

Phototype 1 : La peau est très claire, laiteuse, les cheveux sont roux. Une exposition solaire, même très courte, entraîne un coup de soleil. Ces individus bronzent très peu.

Phototype 2 : La peau est claire, les cheveux sont blonds. Ces personnes bronzent légèrement mais sont très sujettes aux coups de soleil, elles n’auront qu’un hâle léger.

Phototype 3 : Ce phototype est dit intermédiaire et relativement fréquent. La peau est assez claire ou mate, les cheveux sont blonds ou châtains. Ces individus prennent des coups de soleil au début mais parviennent à bronzer. Les personnes blondes sont aussi plus sensibles au vieillissement cutané si elles ne se protègent pas.

Phototype 4 et 5 : Ce sont des personnes brunes à peau mate, qui échappent le plus souvent aux coups de soleil. Leur bronzage foncé est rapide. Cependant, elles doivent aussi se protéger car le soleil peut d’autant plus endommager leur peau qu’elles se méfient moins des dangers du soleil.

Phototype 6 : Ce sont les personnes à peau noire. On pense leur peau plus protégée naturellement, or c’est faux. Certes plus résistante car avec un taux élevé en mélanine, leur peau est pourtant aussi fragile. Elle peut aussi brûler, avoir des taches, un vieillissement accéléré et la survenue également de cancers. Et ces personnes bronzent aussi !

 

Quels sont les signes à remarquer qui témoignent d’une exposition sans protection adaptée ?

Sur le moment : ce sont les brûlures qui peuvent être plus ou moins fortes : du coup de soleil à l’apparition de cloques sur la peau. A distance de l’exposition : les rides marquées, les taches brunes, et les cancers.

Pour détecter des signes de cancer cutané, attention à l’apparition de petites bosses de couleur chair ou des plaques rosées ou à bordure perlée, nodulaires ou d’aspect pigmenté, ce sont différentes formes de carcinomes possibles. Ou bien un grain de beauté qui change de couleur ou de taille, ou dont le contour est irrégulier, de couleur rouge…bref, tout ce qui évolue doit absolument faire l’objet de consultation car il peut s’agir d’un mélanome. En cas de doute, il est impératif de consulter un médecin !

 

Quels sont les risques liés à l’exposition aux UV en cabine ?

Les cabines UV ont proliféré pendant des années, correspondant au désir d’être bronzé presque toute l’année.

Depuis le milieu des années 2000, le lien est établi entre l’exposition aux UV artificiels et un risque accru de survenue des cancers de la peau. Les cabines de bronzage ont même été classées dans les « cancérogènes certains pour l’homme » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Le risque serait de 20 % supérieur par rapport aux personnes non exposées, et ce dès la première fois. Ce risque passe à 60 % lorsque les séances ont débuté avant 35 ans !

Si effectivement, les cabines émettent des UVA qui permettent de bronzer sans les coups de soleil dus aux UVB, cette exposition aux UV provoque aussi des dégâts : vieillissement cutané et dommages pour le système immunitaire de la peau. Leur rayonnement a une intensité qui peut aller jusqu’à un indice UV 12, équivalent à une exposition au soleil des Caraïbes !

Il convient donc absolument de les éviter car l’exposition aux UV dans les cabines contribuent aussi au développement des cancers de la peau.

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